AAC - Bien dire et bien aprandre n°42

Appel à contributions

La revue Bien Dire et Bien Aprandre est caractérisée par l’alliance de la littérature, de la philologie et de la dialectologie. Elle couvre l’étude de la langue, de la littérature, de l’histoire et de l’art du Moyen Âge, ainsi que l’étude de la langue et de la littérature picardes (anciennes et modernes). La revue se consacre également aux réécritures et adaptations de la littérature médiévale à l’époque moderne et contemporaine et au médiévalisme.

 

Enfances et adolescences dans la littérature médiévale

Appel à contribution

Revue Bien Dire et Bien Aprandre, n°42, 2027 Numéro dirigé par Clara DE RAIGNIAC et Matthieu MARCHAL

 

Depuis l’ouvrage contesté L’Enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime de Philippe Ariès (1960), les études sur l’enfance et l’adolescence au Moyen Âge ont bien évolué. Le livre de Didier Lett, Enfants au Moyen Âge. XIIe-XVe s. (2025) propose une synthèse historiographique sur la question. Alors que Philippe Ariès soutenait que le « sentiment de l’enfance » n’existait pas avant le XVIIIe siècle à cause de la très forte mortalité infantile, dès les années 1970-1980, les travaux des historiens médiévistes, en exploitant de nouvelles sources textuelles, iconographiques et archéologiques, ont permis de montrer que les médiévaux avaient bien de l’affection pour leurs enfants. Plus récemment, les médiévistes du XXIe siècle ont mis en avant une pluralité d’enfances médiévales, en prenant en compte la famille dans un sens large, l’environnement matériel de la petite enfance (infantia) ou encore le passage de la pueritia à l’âge de l’adolescence, vers 14 ans pour les garçons et 12 ans pour les filles. Libéré du cadre imposé par les travaux de Philippe Ariès, on se questionne désormais sur le genre des enfants, les accidents, maladies et handicaps qui les touchent, leur mort, les violences et abus (maltraitance, pédocriminalité, inceste) dont ils sont victimes. On est alors passé « de l’enfance aux enfants » (Lett 2025, p. 14).

Dans ces travaux, les textes littéraires font office de sources historiques : le lai du Frêne de Marie de France est utilisé pour savoir comment les médiévaux considéraient les grossesses gémellaires ; les chansons de geste et les romans témoignent de la pratique aristocratique du fosterage « qui consiste à confier un jeune noble à un autre seigneur pour son éducation, souvent son oncle maternel », à l’image de Tristan élevé par Marc, ou de l’affection que Gauvain et Roland portent respectivement à Arthur et Charlemagne (Lett 2025, p. 174-175). Le fabliau De celui qui bota la pierre prouve quant à lui l’amour d’un père pour son enfant, lorsque le paysan du récit retrouve son fils après sa journée de travail :

Et quant li enfes voit venant

Son père, si li saut encontre.

A l’entree de l’uis l’encontre,

Si li fait joie, si li saut,

Et dist : « Biaus peres, Deus vos saut

Et doint joie et enneur vos face ! »

Li preudom son effant encrace

Si l’emporte joie faisant. (v. 76-83)

Si les apports de l’histoire sont fondamentaux pour les médiévistes littéraires – ils leur permettent notamment d’éviter les anachronismes –, une telle lecture des textes amoindrit aussi leur sens. Derrière la source historique, il est nécessaire d’étudier la profondeur du texte. La critique ne s’y est d’ailleurs pas trompée, et d’autres approches ont permis d’aborder différemment les enfances et adolescences dans ces corpus. Dès les années 1970-1980, la critique littéraire s’est elle aussi positionnée face aux travaux de Philippe Ariès. Tout en admettant que la maternité et l’enfance ne sont pas le sujet principal de la centaine de romans et épopées qu’elle étudie, Doris Desclais Berkvam note, dans Enfance et maternité dans la littérature française des XIIe et XIIIe siècles (1981), que ces deux thèmes sont représentés dans 80% de son corpus, avec des marques d’affection. En 1997, Jens N. Faaborg amplifie ce travail dans un vaste volume descriptif, qui entend relever et classer les références aux enfants dans la littérature française médiévale. Une telle approche lexicographique et poétique se retrouve dans des articles plus récents comme celui de Carine Bouillot, « Existe-t-il une isotopie de l’enfance chez Chrétien de Troyes ? » (2006), ou encore « Les enfants sauvages dans quelques textes narratifs du Moyen Âge. Le nice et le lait de la sirène » de Christine Ferlampin-Acher (2017). Les médiévistes littéraires ont également envisagé les enfants et d’un point de vue narratologique, en pensant leur rôle dans le récit. Dans les textes épiques comme dans les romans, l’enfant s’inscrit dans une famille et un lignage ; ces derniers constituent un « cadre essentiel [qui] permet aux personnages de s’intégrer et d’organiser des réseaux relationnels qui conditionnent souvent l’action » (Lignes et lignages, p. 15 ; Ribémont ; Serp).

La réflexion sur « les âges de la vie », rythmée par des visions médicales et théologiques qui perçoivent l’enfance et l’adolescence comme des étapes d’imperfection et d’inconstance à dépasser, a par ailleurs amené la critique littéraire à considérer l’enfance comme un temps à part dans la vie des héros. La fiction en fait un véritable moteur narratif. C’est particulièrement le cas dans les chansons de geste, où le sous-genre des Enfances relate les premiers exploits des héros épiques, annonçant leur grandeur future (Gaffney). Dans le corpus arthurien, les articles de recueil Enfances arthuriennes (2006) se concentrent sur l’enfance et l’éducation de figures comme Arthur, Gauvain, Tristan, Merlin le puer senex. Élevés dans un « autre monde » par un ermite ou des fées, tous se révèlent, dès leurs débuts, exceptionnels ; le héros devient ensuite adulte en rejoignant la cour d’Arthur et en maîtrisant la parole. Dès lors, entre traités moraux qui s’en méfient et récits chevaleresques qui les idéalisent, l’enfance et l’adolescence oscillent constamment entre la fragilité d’un état transitoire et l’âge d’or des possibles, de l’apprentissage et de l’initiation héroïque. L’enfance et l’adolescence médiévales sont ainsi indissociables d’une réflexion sur l’éducation car elles sont perçues comme le moment charnière où l’enfant devient un membre utile et vertueux de la société chrétienne. Loin d’être l’apanage exclusif des futurs chevaliers, cette formation concerne les deux sexes, bien qu’elle réponde à des finalités de genre distinctes. Pour les garçons, l’accent est souvent mis sur l’instruction morale, politique et militaire ; dans les traités d’éducation des princes, par exemple, il s’agit de former le jugement et la maîtrise de soi. Pour les filles, l’éducation vise principalement la piété, la gestion domestique et les vertus morales. Un texte majeur illustre cette attention : Le Livre du Chevalier de la Tour Landry, écrit par un père pour l’instruction de ses filles, mêle récits exemplaires et conseils pratiques pour leur apprendre à naviguer dans le monde sans faillir. Parler de l’enfance et de l’éducation devient alors, plus largement, une manière de fédérer d’autres questionnements sur ce qui fait l’humain, à l’image de la mise en scène de couple de frères (Valentin et Orson, Lovel et Marin dans Guillaume d’Angleterre, Brac et Lyon dans La Belle Hélaine de Constantinople, Florent et Octavien dans Octavien ou encore Jehan et Gérard dans Gillion de Trazegnies) qui permet aux auteurs de réfléchir sur les thèmes de l’altérité et de l’identité (Lett 2011, p. 191-192 ; Bohler).

Enfin, l’émergence des studies laisse voir deux nouvelles manières d’aborder l’enfance et l’adolescence dans les textes littéraires médiévaux. Issue des subaltern studies, la notion d’agentivité (agency) est sollicitée dans le titre du récent article « The Agency of Children in Nordic Medieval Hagiography » (2020). L’autrice Rakel Igland Diesen entend mettre l’enfant au centre de sa recherche, et conclut que les enfants des miracles nordiques sont, bien que les textes soient écrits par des adultes, « in several ways presented as active individuals with agency and autonomy » (p. 207). En se fondant sur le même corpus, dans son article « Audible Children: The Sounds of Children in Medieval Miracles » (2024), l’autrice se concentre sur la parole et les sons que produisent les enfants. Si sa réflexion ne fait pas explicitement référence au texte fondateur de Gayatri Chakravorty Spivak « Can the Subaltern Speak ? » (1988), nul doute que de telles analyses découlent des subaltern et poscolonial studies, où l’on met en avant l’effacement, la modification ou la récupération de la parole des groupes subalternes dans un contexte de domination.

D’autres travaux s’inscrivent au sein des gender studies, et abordent les enfances et adolescences médiévales par le prisme du genre. Le colloque « Genre et âge dans les littératures médiévales », organisé par le groupe de recherche LIMA·GE (Littératures du Moyen Âge et Genre), aura lieu à l’automne 2026 ; il se propose d’étudier à la fois la manière dont les temps de la vie se construisent selon le genre, et réciproquement, les impacts du genre et de l’âge sur la poétique des textes médiévaux. On peut y rattacher des travaux antérieurs sur l’éducation des filles, notamment dans Le Livre du Chevalier de la Tour Landry (Trachsler, Tassone, Velissariou) et chez Christine de Pizan (Trachsler). Croisant la question du care, les nombreuses publications de Yasmina Foehr-Janssen ont abouti à la somme Allaiter de l’Antiquité à nos jours. Histoire(s) et cultures d’une pratique en Europe (2023) ; l’ouvrage aborde la question de l’allaitement de manière pluridisciplinaire, mettant en regard les textes littéraires médiévaux avec d’autres dimensions biologiques, sociales, physiologiques, politiques, symboliques ou matériels.

Dans le cadre du présent numéro sur les Enfances et adolescences dans la littérature médiévale, à la suite des travaux récents, une approche résolument pluridisciplinaire est privilégiée. L’ambition des recherches est de proposer une (re)lecture de textes littéraires médiévaux canoniques ou marginaux, traitant de l’enfance et/ou de l’adolescence.

Nous encourageons vivement les propositions qui explorent de nouveaux outils et grilles d’analyse et s’interrogent sur la manière dont ils peuvent (ou non) s’appliquer à un corpus médiéval.

Différents axes thématiques pourront ainsi être explorés, parmi lesquels :

  • Les relations dans la famille (entre sœurs, mère/fille, père/fille…) ;
  • Le passage de la pueritia à l’adolescence ;
  • L’agentivité des enfants ;
  • Les violences sexuelles commises contre les enfants ;
  • Les enfants envisagés comme public du texte littéraire…

Les projets d’article (entre 3000 et 5000 caractères, avec bibliographie primaire et secondaire indicative, 5-10 mots-clés, et un bref curriculum-vitae de 5-10 lignes)

sont à adresser avant le 6 septembre 2026 à :

 

contact-revue-bdba[chez]univ-lille[point].fr

Bibliographie indicative :

 

  • En général et approche historique

P. ARIÈS, L’Enfant et la vie familiale sous l’ancien régime, Paris, Plon, 1960.

The Oxford Handbook of the Archaeology of Childhood, dir. S. CRAWFORD, M. H. DAWN et G. SHEPHERD, Oxford, Oxford University Press, 2018.

A Cultural History of Education in the Medieval Age, dir. M. CRUZ, et J. A. HOEPPNER, Londres/New York/Oxford/New Dehli/Sidney, Bloomsbury Publishing, 2023.

S. FOURCADE, « De l’université au château : les précepteurs des enfants nobles en France à la fin du Moyen Âge », dans Universitas scolarium : mélanges offerts à Jacques Verger par ses anciens étudiants, dit. C. GIRAUD et M. MORARD, Genève, Droz, 2011, p. 549-582.

D. LETT, L’Enfant des miracles : enfances et sociétés au Moyen Âge (XIIe-XIIIe siècle), Paris, Aubier, 1997.

D. LETT et D. ALEXANDRE-BIDON, Les enfants au Moyen Âge, Ve-XVe siècles, Paris, Hachette, 1997.

D. LETT, « L’éducation et les conceptions pédagogiques au Moyen Age », Revue des politiques sociales et familiales, t. 57-58, 1999, p. 85-89.

D. LETT, « L’histoire des frères et des sœurs », Clio, t. 34, 2011, p. 182-202.

D. LETT, Viols d’enfants au Moyen Âge. Pédocriminalité et genre à Bologne (XIVe-XVIe siècles), Paris, Presses Universitaires de France, 2021.

D. LETT, « "Tu seras un homme mon fils". Apprendre la masculinité à la fin du Moyen Âge (XIIe- XVe siècle) », Histoire de l’éducation, t. 162, no 2, 2024), p. 73-86.

D. LETT, Enfants au Moyen Âge, XIIe-XVe siècle, Paris, Taillandier, 2025.

N. ORME, Medieval Children, Yale, Yale University Press, 2003.

Kids Those Days: Children in Medieval Culture, dir. L. PRESTON-MATTO et M. A. VALANTE, Leiden, Brill, 2022.

P. RICHÉ et D. ALEXANDRE-BIDON, L’Enfance au Moyen Âge, Paris, Bibliothèque nationale de France/Seuil (Catalogue d’exposition), 1994.

 

  • Expositions

« L’enfance au Moyen âge », Paris, Bibliothèque nationale de France, du 26/10/1994 au 15/01/1995. Dossier « L’enfant au Moyen Âge », BnF essentiels, URL : essentiels.bnf.fr/fr/histoire/moyen-

age/

 

  • Approche littéraire

D. BOHLER, « Fantasmes de l’indivision : la gémellité métaphorique dans la culture littéraire médiévale », dans La parenté spirituelle, dir. F. HÉRITIER-AUGÉ, É. COPET-ROUGIER, Paris, Bâle, Éditions des archives contemporaines, 1995, p. 205-263.

M.-M. CASTELLANI, « Le rôle de l’enfant dans les différentes versions », dans Du conte populaire à l’exemplum : La Manekine de Philippe de Beaumanoir, CEMD de Lille III (sd), p. 79-88

D. DESCLAIS BERKVAM, Enfance et maternité dans la littérature française des XIIe et XIIIe siècles, Paris, Honoré Champion, 1981.

R. I. DIESEN, « Audible Children: The Sounds of Children in Medieval miracles », Collegium medievale,

t. 37, 2024, p. 59-78.

R. I. DIESEN, « The Agency of Children in Nordic Medieval Hagiography », dans Approaches to the Medieval Self : Representations and Conceptualizations of the Self in the Textual and Material Culture of Western Scandinavia, c. 800-1500, dir. S. G. ERIKSEN, K. LANGSHOLT HOLMQVIST,

B. BANDLIEN, Berlin/Boston, De Gruyter, 2020, p. 195-211.

J. N. FAABORG, Les enfants dans la littérature française du Moyen Âge, Copenhague, Museum Tusculanum Verlag, 1997.

Ch. FERLAMPIN-ACHER, « Les enfants sauvages dans quelques textes narratifs du Moyen Âge. Le nice et le lait de la sirène », dans Enfants sauvages. Représentations et savoirs, dir. M. LÉVÊQUE et

D. LÉVY-BERTHERAT. Paris, Hermann, 2017.

Allaiter de l’Antiquité à nos jours. Histoire et pratiques d’une culture en Europe, dir. Y. FOEHR-JANSSEN et D. SOLFAROLI CAMILLOCCI, Turnhout, Brepols, 2022.

P. GAFFNEY, Constructions of Childhood and Youth in Old French Narrative, Farnham/Burlington, Ahsgate, 2011.

Fratries. Frères et sœurs dans la littérature et les arts de l’Antiquité à nos jours, dir. F. GODEAU et

W. TROUBETZKOY, Paris, Kimé, 2003.

Enfances arthuriennes, dir. D. HÜE et C. FERLAMPIN-ACHER, Orléans, Paradigme, 2006.

Lignes et lignages dans la littérature arthurienne, dir. D. HÜE et C. FERLAMPIN-ACHER, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2007.

J. LODS, « Le thème de l’enfance dans l’épopée française », Cahiers de Civilisation Médiévale, t. 9, 1960,

p. 58-62.

A. PETIT, La Mère au Moyen Âge. Bien dire et bien apprendre, Revue de médiévistique, t. 16, Lille, Centre d’études médiévales et dialectales de Lille 3, 1998.

B. RIBÉMONT, « Père, mère, mari, épouse et enfants : fonctions narratives de la famille nucléaire dans la chanson de geste », dans Oltre la mer salée. Proceedings of the 21st International Congress of the Société Rencesvals, dir. D. KULLMANN et A. FREDETTE, Toronto, PIMS, 2022, p. 48-61.

C. SERP, Identité, filiation et parenté dans les romans du Graal en prose, Turhnout, Brepols, 2015.

A. SOBCZYK, L’Érotisme des adolescents dans la littérature française du Moyen Âge, Louvain/Paris, Peeters, Synthema 5, 2008.

C. TASSONE, « Amour et norme : Le discours érotique d’empreinte ovidienne caché dans les lignes du Livre du Chevalier de la Tour Landry pour l’enseignement de ses filles », Cahiers de Recherches médiévales et humanistes, t. 42, 2021, p. 33-52.

R. TRACHSLER, « L’éducation par l’exemple : Le Chevalier de la Tour Landry et Christine de Pizan pédagogues », Cahiers de Recherches médiévales et humanistes, t. 42, 2021, p. 53-68.

A. VELISSARIOU. « Comment elles se doyvent contenir : règles de conduite et codes gestuels dans le Livre du Chevalier de la tour Landry pour l’enseignement de ses filles », Le Moyen Français, t. 65, 2009, p. 53-79.

L’Enfant au Moyen Âge, Senefiance, 9, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, 1980. URL : books.openedition.org/pup/2691

 

Procédure d’évaluation : évaluation par double expertise.

 

Calendrier :

  • 6 septembre 2026 : réception des projets d’article.
  • 19 octobre 2026 : notification des décisions d’acceptation ou de refus aux auteurs.
  • 1er mars 2027 : réception de la première version des articles, puis début de la double évaluation.
  • 13 juin 2027 : livraison des textes définitifs par les auteurs dont les articles ont été acceptés, après les éventuelles corrections d’ordre scientifique ou de forme.
  • Octobre 2027 : publication du numéro de la revue.

 

Bien Dire et Bien Aprandre est une revue mixte, diffusée en version imprimée et numérique, en accès libre différé (après un délai de restriction d’un an) : https://www.peren-revues.fr/bien-dire-et-bien- aprandre/

 

La revue contient également une section « Miscellanées » incluant des articles originaux de Varia, qui peuvent aussi être envoyés à : contact-revue-bdba[chez]univ-lille[point].fr.