R. M. Rilke - La Fête de famille

Parutions

Ces neuf nouvelles ont été écrites entre 1897 et 1901 et traduites par Jean-Marc Lanteri (ALITHILA). 

 

Elles portent en elles toutes les visions fulgurantes de l’homme qui achèvera, vingt plus tard, Les Élégies de Duino.

 

Dans La Fête de famille, le poète raille une dynastie qui consume ses forces vitales dans le culte mortifère de ses ancêtres, et c’est aussi pour échapper à l’organisme familial qu’Ewald Tragy rompt avec son milieu d’origine, pour vivre une douloureuse vocation d’artiste, cette vocation que le peintre retiré de Wladimir ou le peintre des nuages éprouve plus douloureusement encore, car les parasites l’exploitent et le phagocytent. 

Traitant avec la même férocité satirique poètes et philistins, l’auteur éprouve toutefois compassion pour les humbles, qu’il s’agisse de vieillards dont l’un attend chaque jour la visite d’une petite fille dans Vieillards, de cette servante demeurée que les marionnettes fascinent dans La Servante de Madame Blaha, ou de la Kathi d’Albrecht Osterman, séduite par le neveu de son employeuse.

Surgissant d’une halte forcée dans une petite ville dans La Maison, menaçant une petite coterie d’émigrés après la révolution française dans Réflexes, ou frappant la cité par le truchement d’un animal invisible dans Le tueur de dragons, la mort rôde partout au détour de la beauté, car « tout ange est terrible. »